dimanche 16 février 2014

Et voici le nouveau prologue

La première qualité du nouveau prologue est son efficacité : il ne noie pas le lecteur sous les différents noms, mais il réussit à introduire l'un des personnages principaux et la notion d'Esprits. Il contient une unique scène d'action qui j'espère donnera envie au lecteur d'aller plus loin...




Étendu sur le sol, le souverain Haakon reprenait lentement des forces, épuisé par le sort qu’il avait lancé une heure auparavant. Ses cheveux et sa barbe – jadis noirs, désormais blancs – étaient trempés de sueur. Ses rides sur le front et ses yeux hagards lui faisaient paraître davantage que ses cinquante ans. Son corps paraissait brisé.
Tous ces efforts ne lui avaient apporté qu’une confirmation : le jour venu, le pentacle le protégerait à la fois des humains et des Esprits. Malgré la frustration ressentie, il se forçait à voir les aspects positifs. À défaut d’obtenir auprès des Esprits tous les renseignements qu’il cherchait, il progressait. L’objet de sa quête serait atteint dans quelques années. Il avait eu la prévoyance d’écarter les menaces immédiates afin de disposer d’un répit suffisant. Ses ennemis étaient morts ou en fuite. Plus rien ne pouvait l’empêcher de devenir immortel.
Il échapperait au destin des humains. Laisser une descendance était un pauvre palliatif à l’immortalité. Ses deux fils l’avaient déçu. Entwald et Rigat étaient indignes de leur géniteur. Non seulement leurs talents étaient médiocres, mais ils étaient bien trop faibles pour mériter de devenir roi.
Haakon entendit un bruit étouffé.
Il était seul. Ses recherches étaient si secrètes qu’il ne voulait aucun témoin lorsqu’il lançait son sortilège, pas même son garde du corps. Il était épuisé et donc vulnérable même s’il avait eu la prudence d’installer des boucliers de protection.
Méfiant, il scruta la nuit.
De nouveaux bruissements. Cette fois, il ne pouvait se méprendre. Quelqu’un approchait.
Le roi se rassura lorsqu’il reconnut la silhouette, mais son inconscient l’avertit aussitôt du danger. Il mit une longue seconde à comprendre le détail qui n’allait pas. Il saisit brusquement. Il n’avait dit à personne où il se trouvait.
On venait pour le tuer.
Le souverain n’était pas prêt à engager le combat. Il cherchait les stratagèmes pour gagner du temps lorsqu’une gerbe de feu jaillit dans sa direction. Persuadé que son bouclier le protégerait, il ne chercha pas à incanter. De toute façon, il n’en aurait pas eu le temps.
La mort le cueillit par surprise. Son corps brûla et dans ses derniers moments, la douleur était bien trop forte pour s’interroger sur les raisons pour laquelle ses protections s’étaient révélées inefficaces.
Des Esprits ricanaient. Plus rien ne pouvait arrêter le chaos.

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